15ème Congrès international des Archives
James-Sarazin
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s'impose à toute présentation muséographique et qui suppose une collaboration étroite avec les services
compétents de la direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication.
3.1.
Etat des lieux :
Depuis sa création en 1867 par le marquis de Laborde, le musée de l'histoire de France a fait l'objet
d'incessantes campagnes de réaménagement. En 1995, il a été décidé de vider complètement les espaces du
Musée, pour des raisons d'ordre tant scientifique (les documents, trop longtemps exposés, en souffraient)
qu'esthétique (la présentation muséographique, vieillie, ne répondait plus aux attentes du public).
Désormais vides, les salles suscitent de la part des visiteurs des critiques justifiées, que ceux-ci
expriment durement dans le Livre d'or laissé à leur disposition à l'entrée du Musée. Ni le décor prestigieux des
salons rocailles, qui comptent parmi les plus beaux de Paris, ni même les présentations temporaires d'expositions
dossiers ne suffisent à contenter un public en droit d'exiger une prestation à la hauteur de ses attentes.
Lors de certaines expositions dossiers, il est arrivé que des visiteurs, à l'issue du parcours, demandent où
se trouve « la suite » ; tandis que d'autres s'étonnent ou même se plaignent de l'absence de présentation
permanente de documents, telle qu'on la connaissait autrefois. Pour tenter d'atténuer leur mécontentement, trois
solutions ont été adoptées :
d'une part, la gratuité systématique à l'entrée du Musée en dehors des périodes d'exposition
dossier ;
d'autre part, la mise en place d'une politique culturelle dynamique et ouverte diversifiant l'offre
: concerts, conférences historiques, lectures d'archives, visites guidées, représentations théâtrales,
ateliers pour enfants dans et hors du cadre scolaire, ateliers pour adultes, refonte des activités
pédagogiques, participation à toutes les initiatives nationales du ministère de la Culture et de la
Communication (journées du Patrimoine, journées des Jardins, Lire en fête, Printemps des musées,
fête de la Musique, Semaine de la francophonie, Printemps des poètes), festival de musique, salon
du livre et du roman d'histoire, etc. (voir annexe 1).
enfin, le « gonflement » des expositions dossiers. Conçues d'abord autour d'un document
« phare » du Centre historique des Archives nationales, celles-ci se sont peu à peu enrichies d'un
nombre de pièces avoisinant la soixantaine, voire le double. Elles font désormais l'objet de
demandes de prêts à l'extérieur (ce qui induit un coût supplémentaire pour le transport et
l'assurance). La scénographie ainsi que l'accompagnement pédagogique et didactique (depuis le
cartel et le petit livret photocopié jusqu'à la publication de catalogues, livres-objets, dont la
conception est confiée à des graphistes indépendants) ont gagné en sophistication. Le budget prévu à
l'origine (65 000 francs TTC par exposition, soit à peu près 10 000 euros) est désormais largement
dépassé (200 000 à 400 000 francs, soit de 30 000 à 61 000 euros environ), ce qui est peu comparé
au coût des expositions d'envergure moyenne organisées par des institutions telles que la
Bibliothèque nationale de France ou le Louvre, qui bénéficient en outre de l'apport logistique de
prestataires internes (graphistes, scénographes), de la souplesse de leur statut d'établissement public
et de l'aide d'organismes affiliés, tels que la RMN ou Flammarion pour la publication et la diffusion
de leurs catalogues.
En soi, le principe de ces expositions dossiers est tout à fait valable et ne doit pas être remis en cause.
Cependant, il ne trouve sa justification que dans la mesure où elles viennent en complément d'une présentation
permanente et où elles offrent au public une sorte de point de concentration sur un personnage, un événement,
un thème historiques. Le succès serait d'autant plus assuré que les sujets choisis seraient en rapport direct avec
l'actualité culturelle et conformes au parti pris général du Musée.
Depuis dix ans environ, plusieurs projets ont été élaborés dans le but de refonder le musée de l'histoire de
France. Des études ont été réalisées par plusieurs architectes scénographe en vue de l'aménagement d'un circuit
muséal cohérent qui permette l'utilisation des deux étages de l'hôtel de Soubise, sans porter préjudice aux décors
des salons classés monuments historiques. Mais aucun de ces projets n'a réellement abouti.
La direction des Archives de France et le Centre historique des archives nationales ont fait de la
renaissance du Musée une priorité. En effet, cette institution plus que centenaire a joué un rôle majeur
dans la divulgation des trésors nationaux et a oeuvré, selon l'intuition de son fondateur, le marquis de